Aussi, constate-t-on le chevauchement entre les concessions forestières, les aires protégées, les permis miniers et/ou pétroliers sur un même périmètre. C’est le cas de la réserve de Biosphère de Dimonika dans le Kouilou, une aire protégée à la biosphère unique reconnue par l’UNESCO, où des permis ont été attribués à des compagnies d’exploitation aurifère.
Le même phénomène s’observe dans la forêt du Chaillu, région de la Lékoumou. Ici des sociétés d’exploitation du fer et du bois se disputent la même zone de l’Unité d’Exploitation Forestière (UFE) Mpoukou- Ogooué. La superposition d’usage dans les forêts du Mayombe et du Chaillu, et ailleurs au Congo, découle de la faiblesse de l’Etat dans l’harmonisation de sa politique d’affectation des terres.
Dans le Mayombe la biosphère de Dimonika perd chaque année de son riche écosystème naturel avec 1058 ha de perte du couvert végétal entre 2023 et 2024. Les populations riveraines plus particulièrement les peuples autochtones voient leurs ressources forestières peu à peu s’évaporer et leur habitat disparaitre.
Cette situation dont on ne parle presque pas à cause des pesanteurs économiques comme la pratique des « prête-nom » ou la corruption est un réel frein à une gestion durable des forêts, moteur de lutte contre le changement climatique. Cela fragilise les institutions dans la mise en œuvre de la Contribution déterminée nationale (CDN) en matière de lutte contre le changement climatique en lien avec des outils internationaux dont l’Initiative pour les forêts d’Afrique centrale (CAFI).
Un véritable défi, à l’heure où les différentes conférences des parties (COP) dont la prochaine COP30, misent sur une gestion concertée et durable du couvert végétal afin de réduire significativement les émissions de carbone pour maintenir la température en deçà de 2°C conformément à l’accord de Paris.
Avec respectivement 3,5millions et 1, 4 millions d’hectares, le Chaillu et le Mayombe représentent une composante non moins importante du Bassin du Congo, le deuxième plus grand poumon écologique du monde après l’Amazonie.