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Article Publication logo octobre 1, 2026

Le Gabon, pays de l’iboga, réclame une part plus équitable de l’essor mondial de cette plante médicinale

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Stéphanie Moussounda, ou Maman Djédjé, praticienne traditionnelle gabonaise et « mère initiatrice », présidente de la Fédération nationale des traditionalistes gabonais (FENATRAG) et deuxième vice-présidente de la COARITRAG dans son lieu de culte. Image de Molly Helfend/Mongabay.
  • Un peu plus tôt dans l’année, le Gabon a pris un décret imposant le partage des bénéfices pour toute utilisation commerciale de l’iboga, de ses dérivés et des savoirs traditionnels qui lui sont associés, mais les modalités de redistribution ne sont pas encore arrêtées.
  • Une association communautaire de la province de l’Ogooué-Ivindo a perçu l’équivalent de 50 000 USD grâce à trois expéditions légales d’iboga depuis 2023, sans toutefois recevoir sa part des revenus générés en aval.
  • Le décret présente un champ d’application particulièrement large : il englobe l’ibogaïne, ses analogues ainsi que les composés issus de sources synthétiques ou alternatives, mais la portée de ces dispositions au-delà des frontières gabonaises reste à préciser.
  • En septembre 2026, le Gabon a suspendu toutes les exportations d’iboga et de ses dérivés, afin d’élaborer un nouveau cadre national, gelant ainsi les filières légales qu’il avait jusqu’alors encouragées.

LIBREVILLE – Sur le marché de La Peyrie, dans la partie dédiée aux préparations médicinales traditionnelles, l’iboga se vend sous forme de poudre d’écorce beige clair, dans une bouteille de rhum recyclée remplie jusqu’au goulot. À proximité, des bouteilles en plastique renferment diverses préparations à base de plantes. Ce jour-là, en juillet, deux hommes viennent rapidement à ma rencontre. Quand ils apprennent qu’ils ont affaire à une journaliste, ils s’enthousiasment et se font un plaisir de m’expliquer que la racine est expédiée à l’étranger, notamment dans des cliniques, où elle est utilisée pour des traitements, une partie étant réduite en poudre et mise en gélules.

« Les acheteurs paient-ils bien ? »

« Oui », répond l’un d’eux, assurant que tout est parfaitement légal.


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L’iboga (Tabernanthe iboga) est une plante indigène des forêts tropicales d’Afrique centrale et de l’Ouest. Au Gabon, l’écorce de sa racine occupe une place cruciale dans plusieurs traditions du culte bwiti (ou bwété). Elle est aussi la source originelle de l’ibogaïne, un alcaloïde qui suscite un intérêt croissant comme traitement expérimental contre les addictions et certains troubles psychiatriques.

Les vendeurs du marché s’estiment bien rémunérés, mais, plus loin dans la chaîne de valeur, un traitement à l’ibogaïne peut coûter plusieurs milliers de dollars au patient. Cet écart est au cœur du problème, soulignent les praticiens et les autorités du pays. La plante et les savoirs qui l’entourent leur appartiennent, mais sont menacés par la surexploitation, tandis qu’une grande partie des revenus est générée à l’étranger. Une analyse d’Interpol publiée en 2023 révèle par ailleurs que l’essentiel du commerce est illicite et que le nombre de revendeurs en ligne a été multiplié par quatre entre 2021 et 2023.

Et, selon les autorités, le marché de cette plante pourrait encore prendre de l’ampleur.


Un homme participant à une cérémonie Misoko au Gabon tient dans sa main de la poudre d’écorce de racine d’iboga. L’iboga (Tabernanthe iboga) est un arbuste des forêts tropicales d’Afrique centrale dont la racine est utilisée au cours de rites initiatiques. Image de Molly Helfend/Mongabay.

Aux États-Unis, l’ibogaïne suscite un intérêt croissant. Une étude observationnelle menée en 2024 par l’université Stanford, auprès de 30 vétérans des forces spéciales, a fait état d’une diminution significative des symptômes de stress post-traumatique après un mois de traitement combinant de l’ibogaïne et du magnésium. L’État du Texas a alloué 50 millions USD à la recherche sur cette substance, et un décret présidentiel d’avril 2026 a appelé les agences fédérales à accélérer la recherche et à faciliter l’accès aux substances psychédéliques, mentionnant explicitement les composés dérivés de l’ibogaïne.

Pourtant, l’ibogaïne reste classée parmi les substances de la catégorie I aux États-Unis, la catégorie la plus restrictive, réservée aux substances n’ayant aucun usage médical reconnu et présentant un risque d’abus élevé, au même titre que l’héroïne. L’ibogaïne étant illégale aux États-Unis, le marché des traitements commerciaux se concentre principalement hors du territoire américain. Elle est également interdite dans une grande partie du monde, bien que l’Aotearoa Nouvelle-Zélande, le Brésil et l’Afrique du Sud l’autorisent sur prescription médicale et sous supervision d’un professionnel de santé. Ambio Life Sciences, une entreprise canadienne possédant des cliniques au Mexique, où la substance n’est pas réglementée, ainsi qu’à Malte, propose des traitements dont les tarifs varient entre 7 350 et 30 000 USD.

Alors que les profits s’accumulent autour de l’ibogaïne, la question qui se pose au Gabon est de savoir quelle part de cette manne revient aux communautés à l’origine de cette plante et des savoirs traditionnels qui lui sont associés.

En théorie, le droit international et les nouveaux décrets nationaux permettent déjà d’y répondre.


Un iboga en fruits, arbuste originaire des forêts tropicales d’Afrique centrale et de l’Ouest, photographié au Gabon. Image de Molly Helfend/Mongabay.

Cérémonie Mubindu nocturne selon la tradition Misoko au Gabon. Participants et praticiens initiés se rassemblent dans un lieu de culte éclairé aux bougies, tandis que le rituel se poursuit toute la nuit. Image de Molly Helfend/Mongabay.

Une part due, mais toujours impayée

Le Gabon a ratifié le protocole de Nagoya, entré en vigueur en 2014, qui impose aux pays signataires d’établir des règles régissant l’accès aux ressources génétiques et le partage équitable des bénéfices découlant de leur utilisation. Les États-Unis, cependant, n’en sont pas signataires.

L’iboga a été introduit dans les laboratoires européens au début du 20e siècle et commercialisé en France en tant que fortifiant, bien avant que des brevets américains ne couvrent des méthodes utilisant l’ibogaïne pour traiter les problèmes de dépendances aux drogues. À l’époque, aucun mécanisme de partage des bénéfices n’existait pour redistribuer aux communautés gabonaises, à l’origine de la ressource, la valeur générée en aval. Ce phénomène n’est toutefois pas nouveau : les savoirs autochtones amazoniens sur le curare ont contribué au développement de médicaments essentiels aux anesthésies modernes, mais les communautés détentrices de ces savoirs n’ont reçu qu’une infime partie de la valeur créée.

Mais cette fois, le Gabon veut changer la donne, même si les modalités concrètes du partage des bénéfices restent encore à définir et que les différents acteurs ont des attentes diverses. Jusqu’à la mi-septembre 2026, les communautés étaient rémunérées pour l’iboga qu’elles cultivaient et vendaient à l’étranger. Mais ce commerce a été suspendu après que le gouvernement a renforcé une interdiction d’exportation instaurée en 2019, dans l’attente de l’adoption d’un nouveau cadre réglementaire, selon plusieurs sources.

Le Gabon souhaite également récupérer une partie des revenus générés plus en aval dans la filière, qu’il s’agisse des traitements en clinique, des brevets, voire de l’ibogaïne de synthèse produite à l’étranger. Selon un décret signé en mai 2026, ces bénéfices seraient versés dans un fonds national et répartis entre l’État et les communautés. Les praticiens traditionnels appellent à ce qu’ils soient redistribués aux populations qui ont su préserver la plante, tandis que le gouvernement présente cette approche comme un moyen de développer une industrie locale.

« Les bénéfices issus de l’exploitation de l’iboga doivent être redistribués », a déclaré Maître Moubeyi Bouale à Mongabay. « C’est tout ce que nous demandons », a-t-il ajouté.


Maître Henri-Paul Moubeyi Bouale, directeur de l’Association nationale Maghanga Ma Nzambé et président de la Coordination des associations, rites et traditions du Gabon (COARITRAG). Image de Molly Helfend/Mongabay.

Moubeyi Bouale est directeur de l’Association nationale Maghanga Ma Nzambé, qui a passé l’année à recenser les lieux de culte du rite Bwété Misoko, l’une des branches des traditions bwiti axées sur l’utilisation de l’iboga au Gabon.

Il ne demande pas que le reste du monde soit exclu du marché, mais que le Gabon y soit associé. Il compare cet essor à un champ de maïs le long duquel des sangliers seraient attachés à une clôture. « Si on les lâche, ils ravagent toute la récolte », dit-il.

Une communauté, en particulier, a voulu montrer que les producteurs pouvaient conserver une part de la valeur créée, plutôt que de se contenter de vendre l’écorce avant de disparaître de la chaîne. L’association A2E, qui regroupe des villages de la province de l’Ogooué-Ivindo, a choisi de cultiver l’iboga plutôt que de dépendre des plants sauvages. La vente a été soumise à un vote de consensus au sein de l’ensemble de la communauté, puis l’association a expédié trois commandes légales à Terragnosis, une entreprise canadienne : 41 kilogrammes (90 livres) ont été vendus entre 2023 et début 2025, ce qui a rapporté plus de 32 millions de francs CFA, soit environ 50 000 USD à l’association, selon le président de l’A2E. Cela ne représente qu’une infime partie du prix de vente d’un seul traitement à l’ibogaïne.

Selon le site de Blessings of the Forest, une organisation ayant fait de cette association un projet pilote dans le cadre de la mise en œuvre du protocole de Nagoya, « 24 000 USD [ont été] reçus, ainsi qu’un contrat garantissant 5 % des recettes générées par la clinique TerraGnosis » pour le premier lot de 20 kg d’iboga en 2023. Un lot suivant de 20 kg, prévu en 2025, a été « refusé et perdu », indique le site. Mongabay n’a pas été en mesure de vérifier de manière indépendante les paiements prévus dans le cadre de cet accord.

« Tout a été payé », confirme Elie Nloh, président d’A2E, à Mongabay. Mais lorsqu’on lui demande si l’A2E a perçu ne serait-ce qu’un franc des revenus générés par l’iboga une fois l’écorce transformée en extrait ou utilisée dans un traitement clinique, il répond : « C’est là que le bât blesse ».

Les contrats stipulaient effectivement qu’une part de la valeur créée plus en aval reviendrait à A2E, a-t-il ajouté. Mais au moment de la publication de cet article, A2E n’avait toujours rien reçu. Jonathan Dickinson, directeur d’Ambio et fondateur de Terragnosis, nous confirme que cette part n’a toujours pas été versée. Selon lui, les fonds sont bloqués en attendant que le gouvernement gabonais précise les modalités de leur redistribution. Il explique que rémunérer un village pour son écorce brute constituait la partie facile, mais que partager la valeur créée une fois l’écorce sortie du village est une autre paire de manches.

Ce scénario n’est pas nouveau. Stéphanie Moussounda, plus connue sous le nom de Maman Djédjé, praticienne traditionnelle initiée à plusieurs rites gabonais, relate qu’un laboratoire de Marseille lui a proposé 500 USD le kilogramme (227 USD la livre) pour de l’écorce qu’elle utilise dans ses pratiques rituelles. Elle a refusé et demandé : « Déposez plutôt un brevet à mon nom ! ». Mais, poursuit-elle, le laboratoire ne l’a pas prise au sérieux et les échanges se sont arrêtés là.

Djédjé ne demande pas non plus que le reste du monde se tienne à l’écart. Pour elle, l’iboga est comme le manioc : « On le cultive, on le mange, on le connaît, et la loi doit poursuivre les trafiquants, pas les guérisseurs ».

Elle se dit prête à partager ce qu’elle sait, car ce savoir lui a été transmis librement et elle se sent tenue de le transmettre à son tour. À une condition, toutefois : qu’il « soit respecté et valorisé ». Elle sait, dit-elle, distinguer ceux qui viennent pour apprendre de ceux qui viennent « voler les molécules ».


Des vendeurs de préparations médicinales traditionnelles au marché de La Peyrie, à Libreville, au Gabon, où l’écorce de racine d’iboga et diverses préparations à base de cette plante sont vendues aux côtés d’autres remèdes. Les noms des vendeurs n’ont pas été communiqués. Image de Molly Helfend/Mongabay.

Une plante menacée

La question économique est étroitement liée à l’enjeu de la conservation, soulignent les praticiens.

Yann Guignon, président de l’ONG Blessings of the Forest Gabon, qui travaille depuis des années sur la culture communautaire et le partage des bénéfices, explique que la demande commerciale croissante menace les stocks sauvages existants. « L’iboga est en train de devenir un produit commercial au service d’intérêts privés », indique-t-il.

Cette pression ne vient pas des petites filières légales, comme celle d’A2E, mais du prélèvement illégal massif de plantes sauvages qui alimente la même demande. Aucune donnée fiable n’existe sur les volumes d’iboga quittant le pays, mais, comme l’indique une analyse d’Interpol publiée en 2023, une grande partie du commerce est illicite et sous-déclarée.

« Les mêmes braconniers impliqués dans le trafic d’ivoire ou de peaux de léopard sont désormais connus pour se livrer à l’exploitation illégale de l’iboga, détruisant de vastes zones de végétation dans les forêts protégées », indique l’analyse. Ils exportent vers l’Asie, l’Europe et les États-Unis, soit directement depuis le Gabon, soit via le Cameroun voisin.

Les arbres les plus anciens sont les premiers à être abattus, explique Guignon, ce qui rend l’iboga plus difficile à trouver dans certaines parties de son aire de répartition, alors que les prélèvements illégaux se poursuivent à grande échelle dans tout le pays. Pour lui, bâtir un commerce légal ne se limite pas à faire circuler l’écorce avec les documents requis : il s’agit de protéger la plante tout en maintenant les communautés qui l’ont préservée dans la chaîne de valeur.


Un étal de préparations médicinales traditionnelles à base de plantes au marché de La Peyrie, à Libreville, au Gabon, proposant de l’iboga et d’autres remèdes. Image de Molly Helfend/Mongabay.

La réponse du Gabon est venue le 22 mai 2026, lorsque le président Brice Oligui Nguema a signé le décret 0239. Ce texte affirme la souveraineté du pays sur l’iboga, ses dérivés et les savoirs traditionnels associés, et cherche à étendre son application à certains composés produits à l’étranger. Il impose une autorisation et des accords de partage des bénéfices pour toute utilisation commerciale. Fait particulièrement notable, il crée un fonds souverain, un compte géré par l’État destiné à collecter les redevances et les paiements au titre du partage des bénéfices, puis à les redistribuer au secteur de l’iboga, à la recherche nationale et aux communautés à l’origine de la ressource.

Guy-Bertrand Mapangou, président du Conseil économique, social, environnemental et culturel du Gabon, résume la logique du décret : « Il n’est pas normal que notre pays fournisse la ressource et les savoirs et que la recherche, les brevets et les bénéfices économiques profitent principalement ailleurs ». Le Gabon, explique-t-il, doit passer « de l’exportation de ressources à la création de valeur au niveau local ».

Le texte est ambitieux, mais son cadre d’application reste en cours d’élaboration. Le 29 septembre, Guignon indiquait que les modalités de mise en œuvre étaient en discussion au sein d’un comité intersectoriel et qu’un projet de loi, appelé à remplacer certaines dispositions du décret de mai, était en cours de finalisation. Selon lui, le fonds souverain n’avait toujours pas été créé et, hormis une nouvelle interdiction d’exportation, « aucune disposition spécifique du décret n’avait encore été appliquée ».

Lors d’un Conseil des ministres le 18 septembre, le gouvernement a adopté un projet de décret interdisant l’exportation de l’iboga et de tous ses dérivés, sous quelque forme que ce soit, sous peine de sanctions pénales, forestières et douanières. Le gouvernement a justifié cette mesure par la nécessité de protéger la plante et les savoirs traditionnels qui lui sont associés.

Guignon décrit cette interdiction comme une mesure temporaire, en attendant de nouvelles procédures d’exportation et une consultation approfondie avec les parties prenantes avant qu’une loi plus pérenne ne soit soumise à l’Assemblée nationale.

D’ici là, plus aucun iboga ne peut légalement être exporté, pas même celui issu de la filière encadrée et fondée sur le consentement mise en place par A2E.


Au lendemain d’une cérémonie Mubindu de la tradition Misoko, des membres de la communauté se rassemblent et reprennent leurs activités quotidiennes autour du lieu de culte. Image de Molly Helfend/Mongabay.

Au moment où Mongabay a réalisé son enquête, Nloh affirmait que sa communauté n’avait pas encore été consultée : « Personne n’est venu nous voir ».

Même les partisans américains de l’ibogaïne reconnaissent que le Gabon devrait tirer profit de cette filière. Bryan Hubbard, PDG d’Americans for Ibogaine, a déclaré à Mongabay qu’il « soutenait à 100 % » l’idée de traiter le Gabon comme un partenaire. Il a insisté sur les échanges scientifiques et agricoles comme formes de partage des bénéfices, sans toutefois préciser les modalités d’éventuelles redevances.

A2E a prouvé qu’une communauté pouvait cultiver l’iboga et être rémunérée pour son écorce. Reste à savoir si elle percevra une part de ce que devient cette écorce, qu’il s’agisse d’un extrait, d’un traitement ou d’un brevet portant un autre nom. C’est précisément la question à laquelle le nouveau décret était censé répondre. Pour l’instant, elle reste sans réponse.

Nloh présente sa communauté comme la gardienne de cette ressource « depuis la nuit des temps ». Tout ce qu’il demande, dit-il, c’est qu’elle « ne soit pas dépossédée de la ressource qu’elle a préservée depuis si longtemps ».


Cet article a été initialement publié en anglais sur Mongabay le 1 octobre 2026.

Citations

Esperança, M. P., Gomes, N. G. M., & Campos, M. G. (2026). Ibogaine: Therapeutic potential, cardiac safety, and translational perspectives in the treatment of substance use disorders – A scoping review. Molecules, 31(3), 545. doi:10.3390/molecules31030545

Cherian, K. N., Keynan, J. N., Anker, L., Faerman, A., Brown, R. E., Shamma, A., … Williams, N. R. (2024). Magnesium–ibogaine therapy in veterans with traumatic brain injuries. Nature Medicine, 30(2), 373-381. doi:10.1038/s41591-023-02705-w

Ortiz-Prado, E. (2026). Channeling ancestral knowledge into production: From Ecuadorian curare to a shared-benefit model that breaks Indigenous poverty. Frontiers in Public Health, 14. doi:10.3389/fpubh.2026.1860471


Crédits

Rédacteur en chef: Latoya Abulu

Translator: Delphine Tomlins

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